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Témoignages


1. Au Liban et ici, je continue à chercher un monde meilleur

Au Liban, j’ai vécu un calvaire permanent, voiture piégée, enlèvement civil, politique et surtout vis-à vis des chrétiens. Le gouvernement auquel notre peuple pouvait espérer est indifférent, démissionnaire face aux atrocités qui sont vécues. J’ai subi des menaces, des persécutions parce que je dirigeais un groupe de prière et de rencontre des chrétiens. Dans mon pays, les extrémistes brûlent des villages, des quartiers entiers de chrétiens, font des enlèvements, ne craignent rien pour faire le mal. En plus ce sont des avions militaires qui bombardent des innocents. J’ai été poursuivie par ceux-là même qui étaient censés me protéger. Menacée de mort, j’ai pu fuir et me cacher pour me mettre à l’abri. Malheureusement, ils ont découvert là où je me trouvais. J’ai été détenue sans jugement dans une cellule. C’est de là que j’ai pu m’évader grâce un cousin qui est dans leur camp mais est parvenu à me sauver en me signifiant que mes jours étaient comptés. Il a pu me soustraire de cet enfer. C’est grâce à ses connaissances que je suis arrivée ici. Mais c’était un nouveau calvaire que j’ai connu en arrivant à l’office des étrangers. D’ interrogatoires en interrogatoires, personne ne voulait me croire. Je suis pour le moment dans un centre pour réfugiés sans espoir de m’en sortir, chaque jour un est cauchemar dans ma vie.

Nayla Mira (28 ans)

2. Ma famille m'a beaucoup manqué

Au bout de presque trois ans de procédure difficile, j’ai finalement été reconnu « réfugié » en 2003. J’avais quitté mon pays, le Pérou, laissant mon fils Luis de deux ans et ma femme enceinte, forcé de fuir le régime d’Alberto Fujimori au risque de mourir et surtout de mettre en même temps en danger ma famille. Mais le statut obtenu ne me permit pas de faire venir ma famille. Il me manquait une preuve de revenu suffisant pour justifier une telle demande. Je ne pouvais pas non plus aller leur rendre visite au Pérou où je ne pouvais plus avoir accès. Je vivais cette séparation comme un grand déchirement chaque jour de ma vie malgré quelques contacts téléphoniques. J’ai travaillé dans différentes entreprises (parfois même non déclaré) mais mon salaire était insuffisant au vue des exigences d’obtention du visa de regroupement familial pour ma famille. C’est grâce à mon nouveau patron que je bénéficie enfin d’un salaire décent. Ce changement de situation m’a permis enfin de retrouver ma famille. Ils sont arrivés il y a 6 mois. Luis a 15 ans et Olga 13. Ils ont grandi dans un autre esprit, une autre vie. Déjà adolescents, ils ne me connaissent pas. Ma femme a beaucoup changé. J’essaie de reconstruire en vain une vie de famille…

Carlos Gonzales (39 ans)

3. L'appartement vient d'être loué, désolé

Dans mon expérience de migrant, j’ai traversé beaucoup plus de moments de souffrances que de joie : situation de guerre vécue au pays, conditions difficile d’accueil. Même si elles ne sont pas nombreuses, j’ai rencontré des personnes qui m’ont apporté un peu de joie, des personnes sensibles croisées dans ma vie chrétienne. Je raconte une des nombreuses situations vécues. En juillet 2011, après 10 ans de différentes formations suivies avec succès (maçonnerie, carrelage, menuiserie, etc.), je venais enfin de trouver un emploi. Mais il m’était vraiment difficile de trouver un appartement. Je cherchais partout des affiches « à louer », je téléphonais… Gentiment parfois, j’avais des rendez-vous pour visiter un appartement encore disponible. Hélas, l’appartement m’était refusé plusieurs fois, quand ils se rendaient compte que j’étais de peau noire. « Désolé, de t’avoir fait venir, l’appartement a été loué ce matin». Certains me faisant espérer me posaient des questions : « Avez-vous un emploi ? », «combien d’enfants avez-vous à votre charge? », « Vous recevez beaucoup de gens le week-end?, Pour finir, ils me laissaient dans l’impasse. «Bon, je te téléphonerai après... » Pendant cette période, je fréquentais une église de réveil (secte d’origine africaine). Les adeptes m’ont aidé courageusement dans mes recherches. Leur aide était un grand réconfort. J’ai parlé de mon ras-le-bol à une famille amie belge qui m’avait beaucoup soutenu. Ils ont décidé de s’engager à ma place. Ils ont été eux-mêmes négocier pour moi et finalement, j’ai pu trouver un logement. Si je suis en Belgique, ce n’est pas mon choix. C’est plutôt à cause des guerres politico-économiques provoquées par les pays riches dans la région où le sous-sol est riche dans mon pays. Ne suis-je pas victime de tout cela ?

Casimir Kiatekiara (42 ans)